Remise aux Ministre C. Michel des pétitions sur les APE et l’agriculture

Remise de 80.000 pétitions pour la souveraineté alimentaire et contre les APE

Entre le libre-échange et la souveraineté alimentaire, le cœur balance…

Après deux ans de campagne menée au nom de la souveraineté alimentaire, les deux coupoles d’ONG belges, le CNCD-11.11.11 et 11.11.11-Koepel van de Noord-Zuidbeweging ainsi que Oxfam-Solidarité et SOS Faim remettront 80.000 pétitions signées par de nos concitoyens à Charles Michel (Ministre de la Coopération au Développement) le 20 mai devant le Ministère des Affaires Etrangères.

A l’heure où la crise alimentaire mondiale prend des proportions de plus en plus inquiétantes, que les Accords de Partenariat Economique négociés entre l’Union européenne et les pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique) demeurent compliqués, l’Union européenne continue à soutenir et à promouvoir la mise en concurrence des économies au niveau international. Elle sait que les entreprises et les investisseurs européens profiteront d’une plus grande ouverture des marchés des pays du Sud. Pour ne pas aller à l’encontre de cela, l’UE transforme ses accords préférentiels avec les pays ACP en accord de libre-échange et dérégule la politique agricole commune, ce qui menace la souveraineté alimentaire des pays les plus pauvres mais aussi de ses Etats membres.

A quelques jours du Conseil des Ministres européens (26 et 27 mai), les ONG belges demandent au Ministre belge de la Coopération au Développement de faire pencher la balance du coté de la souveraineté alimentaire.

Ce qui devrait faire la différence ? 80.000 pétitions et une prise de conscience urgente de la gravité de la situation car qu’il n’y a pas de lutte contre la malnutrition sans une agriculture forte, soutenue et protégée.

A cette occasion, une balance géante sera montée devant le Ministère des Affaires Etrangères. Nos décideurs feront-ils pencher cette balance du côté de la souveraineté alimentaire ?

Remise de 80.000 pétitions pour la souveraineté alimentaire A Charles Michel Mardi 20 mai 2008 Entre le libre-échange et la souveraineté alimentaire, Le cœur balance…

Après deux ans de campagne pour la souveraineté alimentaire du CNCD-11.11.11 et 11.11.11 et avec le travail quotidien d’Oxfam-Solidarité et de SOS Faim, nous avons remis plus de 80.000 pétitions au Ministre de la Coopération au Développement Charles Michel. Plusieurs points ont été rappelés au ministre lors de cette remise de pétition.

1. A l’heure où la crise alimentaire mondiale prend des proportions de plus en plus inquiétantes, les Accords de Partenariat Economique négociés entre l’Union européenne et les pays ACP, malgré des changements à la marge, demeurent une menace pour l’agriculture de ces pays. Ce n’est, en effet, pas par plus de libéralisation des échanges commerciaux agricoles que sera résolue la crise alimentaire. Au contraire il n’y a aucun exemple de libéralisation dans le monde qui ait réussi à relancer des capacités de production agricole … et ce ni en Europe, ni aux Etats-Unis ni dans les pays émergents. C’est à l’agriculture locale que revient la responsabilité d’assurer, dans la durée, l’alimentation des populations des pays ACP.

2. Il ne suffit pas d’affirmer que la vitesse de libéralisation pour les pays ACP est moins contraignante pour pouvoir conclure que ces accords n’ont pas d’impact négatif sur l’agriculture. Ces accords renforcent la pression pour l’ouverture à moyen terme des frontières alors que l’agriculture des ces pays, devenus gravement dépendants, a besoin d’un renforcement important de la protection de l’agriculture et d’un investissement public massif dans l’agriculture familiale. Ces investissements doivent être organisés sur le long terme. Certains pays comme l’Ethiopie, l’Ouganda et le Malawi ont déjà montré que si cette période d’investissement est aménagée d’une manière concertée, des résultats durables peuvent être obtenus. Avec d’une part des diversifications des récoltes, la rotation des cultures et d’autre part avec la création des organisations paysannes simples et transparentes, ces pays sont devenus indépendants de la fourniture de l’aide alimentaire. Ainsi ils ont montré que si les besoins et les moyens pour le développement sont formulés par les paysans africains eux -mêmes, ces derniers fourniront une réponse concrète et efficace à la faim et la dépendance.

3. Les accords APE voulus par la commission européenne transforment les accords préférentiels en accords réciproques entre la région la plus riche du monde et les régions parmi les plus pauvres du monde et cela pour rentrer dans le cadre contraignant de l’OMC, alors que de partout s’élèvent des voix pour affirmer que les règles de l’OMC menace l’agriculture familiale du NORD et du SUD. Pourtant seule l’agriculture familiale pourra nourrir les populations locales en répondant : aux enjeux de l’alimentation en 2050, aux enjeux du développement et de l’emploi rural, aux enjeux climatiques et de raréfaction du pétrole.

4. Les 80.000 pétitions demandent aussi que la Belgique et l’Union européenne choisissent la souveraineté alimentaire des pays les plus pauvres mais aussi celle de ses Etats membres avant de défendre les intérêts des entreprises et les investisseurs européens. Demain en Europe comme dans les pays ACP ce ne sont pas des minerais, des téléphones portables, et des crédits à tempérament que l’on mangera mais les produits d’une l’agriculture familiale durable.

5. Les signataires des pétitions demandent que l’Europe soit cohérente avec ses discours et qu’elle cesse de mettre la pression sur la signature des APE alors que ces négociations, leurs rythmes, leurs méthodes ne sont pas seulement un frein à l’intégration régionale des pays ACP mais également un obstacle à cette intégration. Il est à signaler que ces mêmes demandes ont été formulées par le Sénat belge lors de sa résolution sur les APE ,le 14 décembre 2006.

6. Les ONG présentent rappèlent que les réseaux d’organisations paysannes des pays ACP c’est à dire : PROPAC (Afrique Centrale), ROPPA (Afrique de l’Ouest), SACAU (Afrique Australe), EAFF (Afrique de l’Est), WINFA (Caraïbes) ont affirmé dans une déclaration commune de novembre 2007 que l’UE serait responsable de l’aggravation de la pauvreté, l’insécurité alimentaire et de l’immigration clandestine, si elle s’obstine à faire passer les intérêts commerciaux et géostratégiques de l’UE avant l’intégration des régions ACP, avant le renforcement de leurs unités de production, avant l’intégration de leurs marchés régionaux et avant la mise en place de leurs politiques régionales fondées sur la souveraineté alimentaire. De plus en plus des milieux populaires et politiques dans le Sud et le Nord parlent d’une politique européenne qui vise pas seulement à appauvrir et à re-coloniser l’Afrique mais qui menace à long terme le modèle social, démocratique de l’Europe et renforce un monde inégalitaire et violent.

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